Khady Niang : « Garder la maîtrise de notre récit » derrière la cérémonie d’ouverture de Dakar 2026
La directrice des cérémonies des JOJ de Dakar, Khady Niang, décrit la cérémonie d’ouverture comme un geste de fierté et de réappropriation africaines. Plutôt que de chercher l’effet spectaculaire, l’équipe a misé sur l’humain, la jeunesse et des références culturelles assumées.
Une cérémonie « pour toucher l’humain »
Khady Niang dit avoir voulu une ouverture « profondément humaine » : pas de drones, pas de lasers, ni de feux d’artifice. Le choix a été de valoriser l’énergie des jeunes et le quotidien africain — vendeurs ambulants, rue, ville — plutôt que d’imiter une modernité ostentatoire faite de gratte-ciel et de luxe. La réussite tient, selon elle, à cette capacité à toucher les spectateurs par l’émotion et la proximité.
Références historiques et réappropriation
La cérémonie a multiplié les clins d’œil à l’histoire et à la culture africaines : Alkebulan (nom ancien de l’Afrique selon certains théoriciens), des figures comme Aline Sitoé Diatta, des références au roi Lat Dior, à Cheikh Anta Diop, ou encore des échos au film Touki Bouki de Djibril Diop Mambéty via la moto. Khady Niang souligne l’importance de confier la direction artistique à des créateurs africains (citée : Ibrahima Cissé pour la direction artistique et Adama Diop pour la mise en scène) afin de « garder la maîtrise de notre récit » et rendre visible l’origine de ces images.
Jeunesse, transmission et mise en scène
La narration s’est structurée autour d’un fil temporel — hier, aujourd’hui, demain — et d’une idée de transmission incarnée par une petite fille qui découvre l’histoire de sa grand-mère. La chorégraphie collective (628 danseurs) et les mouvements en blocs visaient à matérialiser la carte de l’Afrique et les anneaux olympiques. Khady Niang rappelle que les répétitions massives, lancées mi-septembre, ont confirmé que l’équipe tenait son projet.
Pour elle, la cérémonie a contribué à « restituer la dignité et la fierté africaines », avec un impact notable auprès de la diaspora et du public africain qui a réagi avec émotion.
Source initiale : RFI


Laisser un commentaire