À la Fondation Alaïa, l’Afrique au cœur des inspirations du couturier
La Fondation Azzedine Alaïa, installée dans le Marais, consacre une exposition aux liens entre le travail du couturier tunisien et le continent africain. Le parcours réunit une cinquantaine de modèles et documents illustrant combien l’Afrique a nourri sa démarche, tant sur le plan des formes que des matières et des souvenirs personnels.
Un dialogue entre héritage et mémoire
La sélection met en lumière trois collections particulières — printemps-été 1988, 1989 et 1990 — et montre comment des motifs et techniques provenant du continent ont été intégrés au vocabulaire d’Alaïa. On y retrouve des pièces ajourées évoquant des moucharabiehs, l’emploi de raphia sur des créations couture, ou encore l’écho des bandelettes égyptiennes dans ses robes « bandelettes ». Mais l’influence se manifeste aussi dans des détails plus intimes : un blanc immaculé, par exemple, renvoie aux robes aperçues dans son enfance à Tunis.
Des vêtements présentés comme des sculptures
La scénographie tire parti de la grande verrière de l’ancienne fabrique de 5 000 m², offrant une lumière naturelle rare dans les expositions de mode. Les pièces, présentées sans artifice, misent sur la force des coupes sculpturales et la richesse des détails, souvent mises en valeur par des peintures de Kris Ruhs en arrière‑plan.
Archives et images du voyage au Kenya
Au deuxième étage, des photographies prises par Peter Beard lors d’un voyage avec Alaïa au Kenya en 1996 sont exposées, témoignant de la fascination du couturier pour certaines pratiques et approches vestimentaires, notamment celles des Massaï. Le parcours se termine par des vidéos de défilés (printemps‑été 1988, 1989, 1990 et 1992) montrant des pièces en mouvement portées par des mannequins emblématiques de son univers.
L’exposition reste à l’affiche jusqu’au 4 janvier 2027. La Fondation prépare par ailleurs l’intégration de la boutique historique située au 7 rue de Moussy à son périmètre, signe de l’impulsion donnée à son projet patrimonial.
Source initiale : RFI




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