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Le Cameroun présente un plan pour réorganiser une filière aurifère accusée d’opacité

08/06/2026 Par 0 commentaire

Le gouvernement camerounais a présenté le 15 juillet à Yaoundé un plan de restructuration du secteur aurifère, fortement critiqué ces derniers mois pour son opacité. L’annonce, portée par le ministre de l’Industrie, des Mines et du Développement technologique, Fuh Calistus, vise à renforcer la transparence et le contrôle de la filière.

Des mesures pour mieux tracer la production

Le ministre a pointé la difficulté du contrôle : environ 90 % de la production est semi-mécanique et les opérateurs déclarent souvent de faibles quantités. Il a également regretté la porosité aux frontières, notamment dans les aéroports. Parmi les mesures annoncées figure la mise en place d’un prélèvement de taxes sur les différents sites, opéré par la Société nationale des mines et douanes.

Fuh Calistus a insisté sur la nécessité d’un « certificat d’exportation » : sans ces papiers, l’or saisi. Il prône l’implication de plusieurs services pour garantir la traçabilité entre le producteur et l’acheteur.

Enjeux économiques et demandes d’enquête

Le ministre a estimé qu’une restructuration suivie d’une industrialisation pourrait faire de l’or une ressource générant plus de 1 000 milliards de francs CFA par an pour le secteur aurifère — un montant supérieur, selon lui, aux revenus pétroliers du pays.

Mais des voix critiques soulignent des lacunes. L’expert Bareja Youmssi plaide pour un moratoire afin d’évaluer scientifiquement le sous‑sol avant d’attribuer des autorisations, rappelant que certaines concessions sont délivrées sans connaissance préalable des zones exploitées. Akere Muna, ancien vice‑président de Transparency International, déplore l’absence d’enquêtes visant à établir les responsabilités dans l’octroi « non conforme » des permis miniers.

Appel à la transparence sur les bénéficiaires des permis

La coalition Publiez ce que vous Payez Cameroun réclame, depuis plusieurs mois, la publication de la liste des bénéficiaires réels des permis miniers, conformément aux normes de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives. Le gouvernement a annoncé des mesures de restructuration ; la mise en œuvre effective et l’ouverture d’enquêtes sur d’éventuelles responsabilités restent des attentes fortes des acteurs de la société civile et des observateurs.

Source initiale : RFI

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