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Les États-Unis expulsent des migrants vers l’Afrique : enquête sur une pratique en pleine expansion

09/21/2026 Par 0 commentaire
Migrants expulsés vers l’Afrique: plongée dans la mécanique de l’administration Trump

Depuis début 2025, l’administration américaine a multiplié les expulsions vers des « pays tiers » — des États qui n’ont parfois aucun lien avec les personnes expulsées. Un consortium de 24 médias, coordonné par Forbidden Stories et auquel RFI a participé, a documenté le parcours de centaines de personnes envoyées vers au moins 12 pays africains. Le reportage met en lumière des pratiques qui interrogent le respect du droit d’asile et les risques de refoulement.

Des transferts surprenants et parfois brutaux

Plusieurs témoignages recueillis décrivent des arrestations aux États‑Unis, des voyages en avion sous contrainte (menottes, chaînes) et l’annonce de la destination en plein vol. Parmi les personnes rencontrées figurent des femmes et des hommes qui disposaient de protections juridiques aux États‑Unis — comme le withholding of removal, qui interdit normalement leur renvoi vers un pays où ils risqueraient persécution — et qui ont été malgré tout envoyés vers des pays tiers africains comme la Centrafrique, le Ghana ou la République démocratique du Congo.

Refoulement en chaîne : des pays tiers comme étapes

L’enquête détaille des cas où le pays tiers n’est qu’une étape avant un renvoi vers le pays d’origine, parfois dangereux pour la personne concernée. Des avocats et ONG parlent de « chain refoulement » : une personne est transférée vers un État tiers, qui la remet ensuite à son pays d’origine malgré les risques. Des scènes de transfert forcé et des détentions temporaires sans décision judiciaire ont été rapportées.

Les autorités américaines défendent la légalité

Le Département d’État et la Maison Blanche assurent agir « selon la loi » et ciblent selon eux les personnes qui n’ont pas le droit de rester aux États‑Unis. Les défenseurs des droits et certains juges fédéraux contestent toutefois la pratique : une cour d’appel a récemment jugé illégale une expulsion menée sans préavis suffisant ni possibilité de contester la destination. Les ONG dénoncent l’utilisation des accords avec des pays africains comme moyen de contourner l’interdiction de refoulement.

L’enquête souligne enfin l’impact humain de ces politiques : personnes protégées par des décisions judiciaires, professionnels installés depuis des décennies aux États‑Unis, réfugiés politiques et victimes de torture racontent la rupture de vies et le risque d’être renvoyés vers la persécution.

Source initiale : RFI

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