Attaque dans le Sud libyen : un groupe armé marque sa volonté d’harceler les forces du maréchal Haftar
Le 12 juillet, un groupe armé fraîchement constitué, la « Chambre des opérations pour la libération du Sud » (Cols), a frappé une base de l’Armée nationale libyenne (ANL) à l’extrême sud du pays, près de la frontière avec le Niger et le Tchad. L’attaque souligne la montée des tensions dans le Fezzan, région riche en hydrocarbures et contestée depuis le conflit de 2011.
Une attaque ciblée contre la base d’Al-Wigh
La Cols, dirigée par Mohamad Wardougou et née en janvier 2026 en réaction à la mainmise du clan Haftar sur le Sud, a visé la base aérienne stratégique d’Al-Wigh. Les assaillants n’ont pas pris le contrôle de la base mais ont diffusé des images montrant la saisie d’armes, de véhicules blindés, de lance-roquettes et d’un système de brouillage antiaérien. Une quinzaine de soldats de l’ANL ont été faits prisonniers, selon les vidéos publiées par le groupe, qui affirme que la plupart sont originaires du Sud libyen.
Contre-attaques et course à l’image
L’ANL a lancé dès le 14 juillet une opération dite « Chasse aux scorpions » pour frapper les positions de la Cols dans le vaste désert, poussant parfois les assaillants à se replier au-delà des frontières, vers le Niger et le Tchad. Les deux camps ont multiplié les diffusions vidéo pour valoriser leurs prises et leurs prisonniers ; l’ANL a montré des détenus se présentant et donnant leur nationalité, tandis que Wardougou conteste l’authenticité de certaines images.
Un Sud libyen au centre des jeux locaux et régionaux
Au-delà de l’affrontement militaire, l’attaque interroge la capacité de l’ANL à contrôler le Sud, où le soutien des tribus est déterminant. Certaines tribus soutiennent Haftar; d’autres désavouent son autorité. Tripoli est aussi accusée d’entretenir des relations, assumées ou tacitement encouragées par certains observateurs, avec des groupes du Sud pour peser dans les négociations nationales. Enfin, la présence de forces étrangères — des paramilitaires russes dans plusieurs bases de l’est et du sud, et des accusations non vérifiées d’appuis ukrainiens faites par des pro-Haftar — complexifie davantage la situation.
Source initiale : RFI




Laisser un commentaire