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El-Obeid sous les frappes de drones : craintes d’une catastrophe humanitaire

08/17/2026 Par 0 commentaire

El-Obeid, ville du centre du Soudan tenue par l’armée, est depuis plusieurs semaines la cible de frappes de drones qui font craindre une aggravation grave de la crise humanitaire. Les attaques, qui ont touché des stations‑service, des infrastructures électriques et des quartiers résidentiels, ont provoqué des morts, des blessés et des pénuries vitales.

Des frappes répétées et des victimes

Selon le Haut‑Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, au moins 45 personnes ont été tuées et 41 blessées lors de 15 frappes de drones entre le 6 et le 28 juin. L’organisation de surveillance ACLED rapporte 27 frappes sur la ville en juin, le total mensuel le plus élevé depuis le début du conflit.

Une étudiante blessée, identifiée sous le prénom « Sarah » pour sa protection, raconte à la BBC avoir survécu à un bombardement d’une station‑service qui a laissé des véhicules en feu et de nombreux blessés. Un médecin d’El‑Obeid décrit un afflux quasi quotidien de patients, majoritairement victimes de traumatismes aux membres et de traumatismes crâniens.

Des infrastructures visées, une vie quotidienne paralysée

Les frappes ont touché des stations‑service et des camions‑citernes, entraînant une pénurie de carburant et une flambée des prix. La principale sous‑station électrique a aussi été endommagée, affectant l’approvisionnement en eau : sans électricité, les pompes à eau risquent de cesser de fonctionner, exposant la population à des maladies d’origine hydrique, alerte un expert cité par la BBC.

Contexte stratégique et risque d’escalade

El‑Obeid, capitale du Nord‑Kordofan, compte environ 500 000 habitants et abrite une importante base militaire. Son positionnement entre l’ouest contrôlé par les Forces de soutien rapide (RSF) et l’est aux mains de l’armée en fait un enjeu stratégique. Des analystes estiment que la RSF a encerclé la ville par plusieurs axes, sans pour l’instant pouvoir la conquérir complètement en raison d’un couloir logistique maintenu par l’armée et ses alliés.

Amnesty International met en garde : la situation pourrait reproduire des violences comparables à celles observées à El‑Fasher, où l’ONU a noté l’année précédente des actes présentant les « caractéristiques d’un génocide ». La RSF déclare, dans un communiqué, vouloir protéger les civils et respecter le droit international.

La ville héberge aussi environ 100 000 personnes déplacées internes qui avaient cherché refuge à El‑Obeid, où plus de 700 abris provisoires ont été construits en un mois autour de la ville, selon des observations citées par des chercheurs.

Source initiale : BBC

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