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Pourquoi Boko Haram perdure, 24 ans après son apparition

08/18/2026 Par 0 commentaire

Depuis ses débuts à Maiduguri au début des années 2000, Boko Haram a évolué d’un mouvement religieux local en une insurrection armée durable. Malgré des offensives militaires et la mort de chefs emblématiques, le groupe et ses factions alliées continuent d’opérer dans le nord‑est du Nigeria et autour du lac Tchad.

Des origines locales à une insurrection armée

Fondé entre 2002 et 2003 par le prédicateur Muhammad Yusuf, le mouvement est d’abord né d’une critique du système éducatif et du modèle politique occidental (« boko »). La répression brutale en 2009 — lors de laquelle Yusuf a été capturé puis exécuté selon les autorités — a marqué le passage à la violence organisée : arrestations massives, destructions et une radicalisation des survivants ont transformé le groupe en force armée capable d’attaques meurtrières.

Pourquoi il n’a pas été vaincu

Plusieurs explications sont avancées pour expliquer la persistance du mouvement. D’abord, les premières réactions des autorités ont été mal calibrées : déclarer la victoire trop tôt a surtout dispersé les combattants vers les zones rurales, où ils ont pu se recomposer et adopter une guérilla. Ensuite, l’usage massif de l’armée et la détention de milliers de jeunes ont alimenté le ressentiment ; selon le chercheur Audu Bulama Bukarti, les abus des forces de sécurité ont poussé une large part des recrues à rejoindre le groupe par vengeance.

La scission interne et l’émergence d’ISWAP (État islamique en Afrique de l’Ouest) ont aussi fragmenté le paysage jihadiste, rendant plus difficile une élimination complète. Enfin, la porosité des frontières et des soutiens externes — financements et accès aux armes via des réseaux liés à l’État islamique — ont facilité l’expansion du mouvement vers le Niger, le Cameroun et le Tchad.

Un affrontement qui reste asymétrique

Boko Haram et ses factions exploitent des zones rurales isolées et des régions boisées pour consolider leurs camps et mener des attaques contre civils et bases militaires. Le groupe reste responsable d’attentats spectaculaires et d’enlèvements de masse qui ont marqué l’histoire récente du Nigeria — de l’attaque d’infrastructures à Abuja aux enlèvements massifs d’écolières à Chibok et Dapchi — et continuent de provoquer de larges déplacements de population.

Les pistes proposées

Pour affaiblir durablement le mouvement, Audu Bulama Bukarti recommande de freiner sa capacité de recrutement et de renforcer la coopération régionale pour mieux contrôler les flux transfrontaliers et financiers. Il souligne aussi la nécessité pour les forces de sécurité de recentrer leurs efforts sur la protection des populations afin d’éviter d’alimenter encore davantage la colère et le recrutement.

Source initiale : BBC

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