À Bamako, le témoin clé du procès pour « tentative de complot » répète « je n’ai pas de réponse »
Au cinquième jour du procès pour « tentative de complot contre le gouvernement » qui se tient à la Cour d’appel de Bamako, l’audition de l’unique témoin de l’accusation a heurté la crédibilité du dossier. L’adjudant-chef Soumaila Bagayoko, dont les déclarations constituent le principal fondement des poursuites, a à plusieurs reprises répondu « je n’ai pas de réponse » aux questions sur les détails du complot allégué.
Les accusations reposent sur un témoin aux réponses évasives
Six personnes, dont l’ancien chef de la sécurité d’État, le colonel Kassoum Goïta, et l’ancien secrétaire général de la Présidence Kalilou Doumbia, sont jugées et nient en bloc. Bagayoko a raconté que, via un téléphone remis par un féticheur, l’opérateur économique Sandi Ahmed Saloum lui aurait transmis une demande — attribuée au colonel Goïta — de recruter des hommes pour un coup d’État. Selon lui, il a ensuite joué un double jeu pour piéger les accusés.
Incohérences et modalités des dépositions
À la barre, le militaire affirme avoir rencontré physiquement certaines personnes citée[s] mais, lorsque confronté aux accusés présents au tribunal, il dit ne pas les reconnaître ni par la silhouette ni par la voix. Bagayoko a aussi indiqué que ses premières dépositions avaient été faites dans les locaux de la sécurité d’État et non devant la brigade de gendarmerie en charge de l’enquête. Il a été promu adjudant-chef après l’affaire, une promotion qu’il attribue à son « mérite ».
La suite du procès
L’audition de Bagayoko doit se poursuivre. Viendront ensuite les réquisitions du procureur et les plaidoiries des avocats. Le procès soulève aussi d’autres accusations évoquées récemment, notamment des allégations de détournements par des militaires, et des demandes de documents du palais de Koulouba impliquant l’ancien secrétaire général de la Présidence.
Source initiale : RFI



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