Au Kenya, les avocats boycottent les tribunaux pour dénoncer une justice corruptible
Des avocats kényans ont cessé de comparaître dans plusieurs tribunaux le 22 juillet 2026, répondant à un appel de la Law Society of Kenya pour dénoncer ce qu’ils estiment être une justice minée par la corruption et des dysfonctionnements. Le mouvement vise en particulier des juges et magistrats accusés d’entraver les enquêtes disciplinaires et anticorruption.
Accusations d’entrave aux enquêtes
La profession pointe des cas où des magistrats auraient bloqué des investigations. Charles Kanjama, président de la Law Society of Kenya, donne pour exemple une affaire récente dans laquelle un juge visé par une enquête sur des transferts d’argent aurait saisi la justice pour empêcher l’autorité anticorruption de poursuivre ses investigations.
Appel à la responsabilité du pouvoir judiciaire
Les avocats demandent que la justice puisse être tenue pour responsable quand elle est mise en cause. « L’indépendance du pouvoir judiciaire ne signifie pas une immunité pour celles et ceux qui exercent la justice », rappelle Faith Odhiambo, ancienne présidente de la Law Society of Kenya, qui appelle le système judiciaire à regagner la confiance du public.
Mesures et réactions
Le boycott doit se poursuivre et cibler spécifiquement des juges et magistrats accusés d’avoir entravé des procédures disciplinaires ou des enquêtes anticorruption. Mercredi, un magistrat a été arrêté, soupçonné d’avoir demandé et reçu un pot‑de‑vin pour influencer l’issue d’une affaire. La présidente de la Cour suprême a réaffirmé la politique de « tolérance zéro » envers la corruption au sein du pouvoir judiciaire.
Source initiale : RFI




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