Cameroun : des progrès dans la lutte contre l’insécurité alimentaire dans le Grand Nord
Un projet soutenu par l’Union européenne et mis en œuvre par un consortium d’organisations de la société civile commence à porter ses fruits dans certaines localités des régions du Nord et de l’Adamaoua au Cameroun. Trois ans après son lancement, des familles et des associations locales observent des gains sur la production et la sécurité alimentaire.
Des techniques agricoles adaptées et de meilleurs rendements
Dans plusieurs localités — notamment Banyo (Adamaoua), Guider et Ngong (région du Nord) — les producteurs ont suivi des formations pour modifier leurs pratiques agricoles. L’utilisation de compost et de biofertilisants, ainsi que l’appui technique des organisations locales, a permis d’améliorer les rendements sur certaines parcelles. Selon Relufa, sur des terres d’un hectare, les récoltes sont passées de un à deux sacs de mil ou de maïs à parfois quatre sacs, chez des producteurs engagés dans ces nouvelles pratiques.
Amélioration de l’accès des femmes à la terre et premières ventes
Le projet a également favorisé l’accès des femmes à la terre et à des semences améliorées. À Banyo, des bénéficiaires rapportent des plantations de bananes plantains et l’arrivée prochaine des premières récoltes destinées au marché local, ce qui ouvre des perspectives de revenus pour les ménages.
Des résultats encourageants mais des défis demeurent
Malgré ces progrès, des obstacles persistent. L’orpaillage et ses conséquences continuent d’endommager des terres cultivables, rendant nécessaire des actions de réhabilitation pour rendre ces espaces à nouveau exploitables. Par ailleurs, la situation générale reste fragile : d’après les statistiques de 2024, plus de trois millions de personnes dans les trois régions du Nord du Cameroun restent en situation d’insécurité alimentaire.
Au terme, le projet montre que l’appui technique, l’adoption de pratiques agroécologiques et l’inclusion des femmes peuvent améliorer les rendements et la résilience des communautés, mais un travail de long terme est encore nécessaire pour consolider ces gains et restaurer les zones dégradées.
Source initiale : RFI




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