La Sierra Leone se mobilise pour le 69e sommet de la Cédéao : vitrine diplomatique ou coût trop lourd ?
La Sierra Leone se prépare à recevoir le 69e sommet de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), dont la rencontre des chefs d’État est prévue le 19 juillet. Pour la première fois, le pays organise ce grand rendez-vous régional et a déployé une logistique renforcée et de nouvelles infrastructures, notamment une salle de conférences à Lungi.
Une mise en scène diplomatique
Les autorités mettent en avant la fierté nationale et l’accueil des délégations. La construction d’une salle de conférences près de l’aéroport international de Lungi vise à faciliter l’arrivée des chefs d’État et à éviter le long trajet vers Freetown. Le message officiel est simple : montrer une image positive du pays et laisser les visiteurs repartir impressionnés par la culture sierra-léonaise.
Un héritage incertain
Le coût global de l’événement n’a pas été communiqué. Pour certains observateurs, le principal enjeu est de savoir si ces investissements laisseront un héritage durable ou reproduiront les erreurs du passé. Le chercheur Idrissa Mamoud Tarawallie rappelle l’expérience des années 1980, lorsque la construction d’un centre de conférences et de nombreuses villas pour l’Organisation de l’unité africaine est devenue un symbole d’investissement coûteux, aujourd’hui délaissé et souvent cité comme un facteur de fragilisation économique.
Débat intérieur
L’opposition critique le choix d’implanter de nouvelles infrastructures à Lungi et estime que le sommet aurait pu se tenir à Freetown, qui dispose déjà d’installations. À quelques jours de l’événement, les autorités appellent la population à « montrer le meilleur visage » du pays, mais la question reste posée : la vitrine diplomatique justifie-t-elle l’effort financier dans un contexte économique difficile ?
Source initiale : RFI




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