« Projet Afrika » : une fuite révèle une vaste campagne d’influence russe en Afrique de l’Ouest
Une enquête menée à partir d’une fuite de documents met au jour une campagne coordonnée visant à diffuser l’agenda stratégique russe via des médias en ligne d’Afrique de l’Ouest et centrale. Le Sénégal figure parmi les pays ciblés par cette opération clandestine.
La fuite et le « projet Afrika »
Des documents internes attribués à une structure russe nommée Africa Politology — en interne appelée la « Compagnie » — montrent l’existence d’un projet baptisé « Afrika » destiné à propager des contenus favorables à la Russie. Selon l’analyse réalisée par un consortium de médias piloté par Forbidden Stories et relayée par plusieurs rédactions, 644 articles ont été diffusés entre juin et novembre 2024 dans au moins 35 médias d’Afrique de l’Ouest et centrale.
Méthodes, coûts et relais locaux
La « Compagnie » aurait été initialement créée par le groupe Wagner avant d’être reprise par les services de renseignement russes à partir de 2023. Les documents indiquent que l’ensemble des campagnes a coûté plus de 300 000 dollars. Les contenus identifiés vont de tribunes anti‑Ukraine à des articles hostiles à la présence et à l’influence françaises en Afrique.
Le Sénégal dans le viseur
France 24, qui a enquêté à Dakar, indique que plusieurs médias sénégalais ont relayé des articles issus de cette opération. PressAfrik, par exemple, a découvert treize articles publiés sur son site et pointés par l’enquête.
Des personnes pointées réagissent
Parmi les noms apparus dans les documents figure celui d’un journaliste camerounais, Jérôme Ebossama, présenté comme auteur ou relais de certains articles. Contacté, il a nié les éléments publiés par certains médias et affirme être « victime d’une campagne de manipulation ». L’enquête se fonde toutefois sur les documents et factures retrouvés et analysés par le consortium.
Cette révélation souligne la montée en puissance d’opérations d’influence coordonnées visant les médias en ligne africains et pose la question de la résilience des rédactions face à des réseaux transnationaux de désinformation.
Source initiale : France 24




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