Le méga-gazoduc Nigeria–Maroc validé par la CEDEAO : ce qu’il faut savoir
Les dirigeants ouest-africains ont formellement approuvé un vaste projet de gazoduc transatlantique reliant le Nigeria au Maroc. Long de 6 000 km et estimé à 25 milliards de dollars, il doit transporter jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an et desservir quelque 400 millions de consommateurs le long de la côte atlantique.
Un projet d’envergure et ses ambitions
Le gazoduc, qui passera par 14 pays avant de se raccorder au réseau européen via l’Espagne, vise à transformer la manière dont le gaz est exploité en Afrique. Plutôt que d’exporter des matières premières pour les traiter à l’étranger, les promoteurs estiment que la nouvelle filière pourrait soutenir la production d’électricité, des usines d’engrais, des industries pétrochimiques et renforcer l’intégration économique régionale.
Calendrier, tracé et financement
Les travaux ne débuteraient pas avant 2028 et le projet devrait être réalisé par phases : un démarrage envisagé sur l’axe Maroc–Mauritanie–Sénégal, puis une extension vers le Ghana et la Côte d’Ivoire, avant la connexion finale au Nigeria. Les études de faisabilité et les études préliminaires d’ingénierie sont considérées comme achevées et le tracé largement validé, mais le financement — estimé à 25 milliards de dollars — reste à sécuriser et pourrait augmenter avec l’inflation.
Obstacles techniques, sécuritaires et politiques
Plusieurs défis majeurs subsistent : le coût élevé des longs tronçons en mer, la nécessité de protection contre d’éventuelles attaques le long du tracé, la stabilité politique des pays traversés et la coordination des 13 États impliqués (plus le territoire contesté du Sahara occidental). La protection des infrastructures devra s’appuyer sur l’implication des communautés locales et des moyens de surveillance comme les drones.
Un projet stratégique à double face
Outre les exportations vers l’Europe, le gazoduc est présenté comme une opportunité pour monétiser les ressources nigérianes et alimenter le développement industriel régional. Reste toutefois la question de la demande future en Europe, qui évolue avec la transition vers les énergies renouvelables, et la concurrence d’autres routes d’exportation comme le GNL ou le gazoduc transsaharien Nigeria–Algérie.
Les institutions soutenant l’initiative incluent la CEDEAO, la Banque islamique de développement et le Fonds de l’OPEP pour le développement international. La compagnie pétrolière nationale nigériane et l’organisme national des mines du Maroc pilotent conjointement le projet.
Source initiale : BBC




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